Communiqué de presse du 06.04.16

Le trafic aérien de Genève coûte très cher aux collectivités publiques

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Genève, le 6 avril 2016 

Les bénéfices économiques du trafic aérien sont largement étudiés et souvent évoqués comme arguments pour développer les infrastructures aéroportuaires. Ces bénéfices ne doivent cependant pas occulter les coûts élevés portés par la société en termes de baisse de la qualité de vie, d’impacts environnementaux ou d’atteinte à la santé publique. Aussi utile soit-il, le développement intensif du trafic aérien entre en conflit avec de nombreuses politiques publiques poursuivant également l’intérêt général. La prise en compte des externalités négatives de l’aéroport de Genève est d’autant plus urgente qu’il est situé en milieu urbain.

L’étude que nous avons commandée montre que les bénéfices économiques du trafic aérien à Genève constituent en partie un trompe l’oeil comptable. Une part importante des coûts du trafic aérien ne sont pas supportés par celui-ci. Si le secteur du trafic aérien génère en effet d’importants bénéfices économiques c’est aussi parce qu’il transfère une partie de ses coûts aux collectivités publiques et à d’autres acteurs privés.

En 10 ans, le régime fiscal spécial de l’aviation civile a généré, pour le trafic à l’aéroport de Genève, une perte fiscale de l’ordre de 4 milliards de francs sous la forme d’un manque à gagner au niveau des recettes. Parallèlement, les coûts climatiques de ce trafic ont été évalués par la Confédération à 202 millions de francs par an. La perte de valeur marchande des biens exposés au bruit et à la pollution de l’aviation est considérable : pour l’immobilier de la seule commune de Versoix, ils sont estimés à 325 millions de francs.

En ce qui concerne les atteintes à la santé publique, les coûts se chiffrent en dizaines de millions de francs, du fait des maladies respiratoires et cardio-vasculaires ainsi que des dépressions et troubles du sommeil. Le cas des enfants pose particulièrement problème : alors que de nombreuses études européennes font état d’une corrélation entre exposition au bruit aérien et difficultés d’apprentissage scolaire, ce sont plus de 8300 écoliers qui sont concernés à Genève, soit un quart des élèves des écoles primaires du canton.

A l’heure où des choix politiques importants doivent être effectués quant à l’avenir des infrastructures aéroportuaires, il est nécessaire d’éclairer le débat public. Il manque encore une évaluation objective des coûts liés au trafic aérien à Genève comparés aux bénéfices générés. Des arbitrages difficiles devront être réalisés entre développement de l’aéroport, protection de l’environnement et qualité de vie. Ceux-ci doivent pouvoir être réalisés en toute connaissance de cause et avec des données objectives. C’est pourquoi nous demandons au canton et à la Confédération de réaliser une étude approfondie sur les externalités du trafic aérien à Genève et les impacts sur les finances publiques. Une étude épidémiologique sur l’atteinte à la santé du fait de l’exposition au bruit aérien de l’aéroport de Genève doit également être réalisée afin d’en connaître les conséquences réelles.

L’étude « Le coût sociétal du trafic aérien à Genève et les effets sur les finances publiques »
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