Crédits carbone HFC-23

Qu’est-ce que le HFC-23?

Le HFC-23 est un sous-produit de la fabrication d’un réfrigérant (le HCFC-22) qui a un effet de serre très puissant et qui, jusqu’à aujourd’hui, était rejeté dans l’atmosphère par les usines des pays du Sud. Le protocole de Montréal a banni l’emploi des CFC comme gaz réfrigérant pour les frigos. Les occidentaux ont dû développer des produits moins nocifs pour la couche d’ozone. Les pays en voie de développement ont obtenu le droit d’utiliser pendant encore 20 ans des substituts un peu plus nocifs, mais moins chers à produire, les HCFC-22.

En quoi les projets CDM de HFC-23 posent problème?

Les HCFC-22 présentent un gros problème : le processus de fabrication entraîne le dégagement d’un sous-produit, appelé HFC-23, extrêmement nocif pour l’effet de serre puisque son GWP (potentiel de réchauffement global) est de 11700 ! (le méthane par exemple a un GWP de 21). Il est donc impératif de brûler ce sous-produit à haute température pour s’en débarrasser, autrement notre atmosphère ne le supporterait pas.

Il s’est avéré que brûler ce sous produit est extrêmement rémunérateur, vu son GWP élevé. Le four qu’il faut installer est bon marché, et les molécules à brûler sont très toxiques, donc les brûler peut rapporter de très nombreux CER. Tellement rémunérateur même, que de nombreuses usines se sont construites en Chine, ou ont été agrandies exprès, juste pour brûler le sous produit, et encaisser l’argent des CERs.

Les projets de destruction volontaire du HFC-23 sont reconnus par les CDM. Puisque ceux-ci ne coûtent pas cher et permettent de réduire considérablement les émissions, ces projets débouchent sur des profits formidables pour les industriels. Ces profits sont tellement importants qu’ils constituent une réelle incitation pour les industriels à poursuivre la production du réfrigérant, même si la demande baisse. Cette incitation est donc en contradiction avec la révision du protocole de Montréal qui cherche à accélérer la fin de l’utilisation dudit réfrigérant.

Un scandale a éclaté en 2006, lorsque le New York Times a révélé au grand jour la supercherie, qui était jusqu’alors restée dans un cercle restreint de spécialistes. Depuis, le gouvernement chinois a décidé de taxer lourdement ces CERs, mais le problème n’est toujours pas résolu, et il existe une banque dans la city à Londres, CCC (Climate Change Capital), qui se fait encore de juteux bénéfices avec ce commerce lucratif … et complètement inutile pour le problème de l’effet de serre.

Que fait Noé21 ?

Noé21 a déposé une demande de révision de méthodologie auprès de l’UNFCCC en avril 2010. Cette demande a été acceptée par le meth panel et l’Executive Board, dès le 01.04.2013. La Commission européenne a annoncé de son côté qu’elle n’achèterait plus de crédits HFC-23.