Le smart meter : une aide à l’économie d’énergie ? (16.10.2018)

flyer café climat smart meter 5

mercredi 16 octobre, à 18h30 au restaurant La Fumisterie à Carouge

Avec deux sociologues : Olivier Voirol, MER Uni Lausanne et Marlyne Sahakian, Professeure ass. Uni Genève

L’utilité des compteurs communicants, pour le tournant énergétique, est très controversée. Dans la jungle des argumentations, le seul absent semble être l’aspect social. Olivier Voirol nous offrira une analyse inhabituelle de cette polémique. Comment l’utiliser alors de manière efficace ? Avec Marlyne Sahakian nous découvrirons la diversité étonnante des comportements et perceptions des ménages et nous discuterons ensemble, de quelle manière il serait souhaitable d’inclure les compteurs communicants dans une démarche plus réfléchie d’économie d’énergie.

Le Thème

Les « smart meters » sont en réalité des compteurs d’électricité communicants capables d’opérations supplémentaires à celle de comptabiliser le niveau de consommation. Leur installation sera obligatoire dans les ménages suisses d’ici à 2028 (OapEl, art. 8a).

Un tel compteur informe en continu le fournisseur d’électricité sur la consommation d’énergie du client. Ainsi, le fournisseur connaît les habitudes de consommation, ce qui lui aide à assurer la gestion et la planification du réseau électrique. Moyennant l’accord du client, il sera possible au fournisseur d’interrompre momentanément des appareils à forte consommation d’énergie, pour décharger le réseau lors de soudaines pointes de consommation ou lors de baisses de production d’origine renouvelable. Cet appareil peut également enseigner le client, ce qui peut l’aider à comprendre puis à diminuer sa consommation d’électricité. Une économie de consommation de 5 à 15 % est théoriquement possible, selon les compteurs installés.

Cependant, l’utilité des compteurs communicants, pour les ménages et pour le tournant énergétique, est contestée. Certains dénoncent l’inutilité de ces compteurs pour la réduction des consommations, d’autres dénoncent des compteurs servant uniquement à réduire les coûts de relever les compteurs pour les fournisseurs, d’autres enfin dénoncent la création d’un besoin servant les seuls fabricants de compteurs et plombant les comptes de la collectivité : fournisseurs et clients. En France, des communes appellent même au boycott voir au sabotage des compteurs communicants.

Le premier intervenant nous offrira une analyse inhabituelle de la polémique autour de ces compteurs. Ensuite nous découvrirons la diversité étonnante des comportements et perceptions des ménages et nous discuterons ensemble, de quelle manière il serait souhaitable d’inclure les compteurs communicants dans une démarche plus réfléchie d’économie d’énergie.

En savoir plus :

Base légale (OApEl art. 8a):       https://www.admin.ch/opc/fr/classified-compilation/20071266/index.html

Acceptation des compteurs communicants : scorai.org/wp-content/uploads/HessSmartMeters05.10.13SCORAI.pdf

Acceptation en Suisse Romande : https://archive-ouverte.unige.ch/unige:46607

 

Olivier Voirol

Dr Olivier Voirol est Maître d’enseignement et de recherche à la Faculté des sciences sociales et politiques de l’Université de Lausanne. Il mène ses recherches sur la question de l’espace public, de la culture et des médias, en s’intéressant notamment aux formes de problématisation des changements liés au numérique, en examinant les controverses, les justifications, les critiques et les résistances à ces derniers. Ayant mené ses recherches sur les mutations des relations affectives liées aux technologies numériques et la montée en force du « capitalisme digital », mais aussi sur les transformations de la culture, il a été amené plus récemment à s’intéresser à la transition énergétique et aux questions écologiques, examinées à l’aune d’une théorie critique de l’espace public, sous l’angle des questions de justice sociale.

 

Marlyne Sahakian

Dr Marlyne Sahakian est professeur assistante en sociologie à la Faculté des sciences de la société de l’Université de Genève. Elle mène des projets de recherche et enseigne sur la thématique de la consommation dans une perspective de durabilité. Elle coordonne des projets sur les questions alimentaires, énergétiques, et sur les innovations économiques. Sa recherche est axée sur le lien entre gestion des ressources, pratiques sociales et équité, avec comme intérêt principal les consommateurs / citoyens. Elle a publié sur la thématique de la consommation durable en milieu urbain, sur l’efficacité énergétique, les déchets alimentaires et l’économie sociale et solidaire. Elle est membre fondatrice de SCORAI, un réseau de recherche et actions en consommation durable.